habitudes de consommation sont très difficiles à faire évoluer. Il en résulte une difficulté à conquérir cette
cible avec des programmes nouveaux. Inversement quand un programme est bien installé auprès de cette
cible, le succès dure longtemps. C’est aussi une cible très sensible au merchandising qui peut prendre en
cas de succès des proportions considérables. Les coûts de production des programmes sont souvent moins
élevés que ceux observés sur la cible plus âgée.
• Les kids : ce sont les 6-10 ans. Cette cible est beaucoup plus volatile et difficile à retenir. C’est pourquoi
elle accueille le plus grand nombre de programmes nouveaux et se taille la part du lion dans le marché. On
y trouve une grande variété de genre : le slapstick, la comédie de socialisation, l’action aventure, etc.
L’influence des « pairs » ou de la cour de récréation y est considérable. C’est un marché très globalisé et,
sous l’influence récente des plateformes, et de la demande en 3D, les coûts de production se sont envolés.
Les hits mondiaux deviennent de fortes valeurs en catalogue et peuvent durer très longtemps.
• Les ados (les 10-14 ans). C’est une cible particulièrement complexe à conquérir. A cet âge, les adolescents
ont tendance à considérer l’animation comme un divertissement pour petit et se vantent rarement d’en
regarder. Il y existe une exception : « l’animé » (autrement dit l’adaptation des manga japonais) qui
continuent à séduire surtout les jeunes garçons jusqu’à l’âge de 13 ans. D’autres exceptions sont apparues
récemment : le genre « spooky », c’est-à-dire la comédie d’horreur.
• Les jeunes adultes : c’est une cible en pleine expansion. Au premier semestre 2021, 104 séries animées
pour adultes étaient en production aux États-Unis (contre 50 l'année précédente) dont 50 % ont été
commandées par des plateformes de streaming. Toujours aux Etats-Unis, les comédies animées pour
adultes ont remplacé les sitcoms comme contenu préféré des milléniums. La culture des jeux vidéo favorise
l'animation pour adultes. Elle est à 80% produite en 2D ce qui favorise très nettement les studios étrangers,
les Etats-Unis ayant délaissé la 2D depuis plusieurs décennies. Mais ce marché reste très américano-centré.
Il faut donc une solide culture de la création anglo-saxonne et une bonne connaissance des commanditaires
américains pour percer sur ce marché.
Variété des technologies : très longtemps dominé par l’usage de la 2D, le marché de l’animation a
progressivement élargi son spectre à la 3D, popularisée par le cinéma de Pixar. Si la 3D domine dans le segment
du cinéma pour enfants, les deux technologies sont employées de façon équilibrée dans le segment de la
télévision et des plateformes (à l’exception de Netflix très orienté 3D) et on voit apparaître de plus en plus de
programmes qui hybrident ces deux technologies, notamment du côté de la production à l’intention des jeunes
adultes. La 2D est une technologie assez stable mais elle requiert une forte créativité artistique et ne permet
guère d’économies d’échelle. A l’inverse, la 3D requiert d’importants investissements de départ mais favorise
la réutilisation pour les productions à gros volume.
Variété des formats :
• En matière de programme pour la télévision, le marché continue d’être dominé par le format traditionnel
de 26 demi-heures par saison. En réalité, on parle de demi-heures commerciales puisqu’elles se composent
de 22’ d’animation, les autres 8’ étant dévolues traditionnellement à la publicité. Et ce format de 22’ peut
être lui-même composé d’un seul épisode, de deux épisodes (2x11’) ou même de trois (3x7’).
• Le long métrage : ce format unitaire (généralement d’environ 80’) est généralement destiné aux salles de
cinéma, même s’il s’est récemment développé pour les plateformes de streaming. Il est très largement
dominé par les grands studios américains (Disney, Dreamworks et Universal sont les plus grands
opérateurs) qui tirent une partie spectaculaire d’un marché qui pèse globalement 15% des entrées salles,
soit environ 5 milliards de dollars. Dans l’ombre de ces géants (dont les films coûtent parfois plus de 100
millions de dollars), se produisent beaucoup de longs métrages indépendants avec des budgets très variés
et qui peuvent parfois rencontrer des succès considérables compte tenu du caractère très global de ces
exploitations. La France et le Japon sont les premiers producteurs du genre, loin derrière les Etats Unis.
Variété des modèles économiques : le marché distingue deux grands modèles économiques, celui de la
prestation (aussi appelé production exécutive) et celui de la production propriétaire (aussi appelé production
déléguée).
• La production propriétaire : ce marché qui rassemble aussi bien les grands studios américains que des
studios plus modestes européens, se définit par la stratégie patrimoniale de ses acteurs. Il s’agit de mettre
en place les financements qui permettent au studio opérateur de demeurer propriétaire de l’œuvre qu’il